Afrique de l’Ouest : Quand les start-up deviennent un moteur d’avenir pour la Cedeao et l’UEMOA

3/12/25

En Afrique de l’Ouest, l’entrepreneuriat des jeunes est encore à un niveau embryonnaire. Pourtant les initiatives communautaires pour changer la donne ne manquent pas. Si la Cedeao dispose de “Talents africains à l’internationale”, l’Uemoa a son “Tremplein startup Uemoa”. Des leviers stratégiques pour l’employabilité des jeunes pour l’expansion commerciale régionale, présentés à Dakar dans le cadre des Rencontres Professionnelles de de la première édition du Festival des Arts et de la Culture de l’Afrique de l’Ouest (ECOFEST 2025).

La jeunesse était à l’honneur ce mercredi 3 décembre 2025 au Musée des Civilisations noires qui a abrité un panel sous le thème « Industries culturelles et créatives et numérique: production, diffusion et modèles économiques ».

Ce panel est placé sur l’Axe 2 (Industries culturelles et créatives, et marché régional) des Rencontres Professionnelles organisées dans le cadre de la première édition du Festival des Arts et de la Culture de l’Afrique de l’Ouest (ECOFEST 2025).

Les Commissions de la Cedeao et de l’Uemoa se sont déployées pour présenter leurs programmes phares régionaux destinés à la jeunesse.

A travers son programme “Talent africain à l’international” qui a intéressé 5597 jeunes inscrits et 483 entreprises agréés, la Cedeao s’active à faire de l’employabilité des jeunes une réalité.

Ce programme présenté par Mme Rose Tiémoko Kabran, en charge du Commerce à la Cedeao, se donne comme défis  de toucher tous les pays de la région, mobiliser le secteur privé, intéresser d’avantage les jeunes et trouver des financements durables pour les startup de l’Afrique de l’Ouest.

A cela s’ajoute le Programme volontariat de la Cedeao destiné aux jeunes. Cette initiative qui a déjà aidé au déploiement de volontaires dans les secteurs de l’enseignement, la médecine, les missions de paix, entre autres, a eu des résultats positivement impactant. Il a aidé à l’encadrement de 13.060 élèves, 212 patients traités…

Sans oublier l’initiative phare du “Centre de développement de la jeunesse et des sports de la Cedeao en faveur des jeunes”. Un levier qui vient en soutien aux agences nationales de volontariat pour le recrutement des volontaires de la Cedeao.

Pour l’Uemoa, M. Bou Sidibé responsable de l’initiative « Tremplin Startup Uemoa » se dit convaincu que si l’Union veut accélérer son développement, elle doit miser sur sa jeunesse.

Et pour cause : l’Afrique avance avec une dynamique démographique fulgurante. En 2019, la jeunesse représentait 26 % de la population mondiale contre 77% en 2025.

Une force immense, mais encore trop peu valorisée dans l’espace Uemoa, où l’entrepreneuriat des jeunes reste freiné par le manque de financement, de formation adéquate, d’accompagnement et d’opportunités.

C’est ce constat qui, en 2019, poussa la Commission à engager une réforme du climat des affaires et, dès 2020, à lancer l’initiative « Templin Startup Uemoa » qui vise à encourager l’innovation en entreprise par l’accompagnement de start-ups créatives à travers une série de concours dans les domaines suivants : Cinéma et audiovisuel, Musique, Arts vivants, Édition, Arts visuels, Artisanat d’art, Design, Mode et Jeux vidéo.

La 3e édition portait d’ailleurs sur « Le marketing créatif et numérique au service des Industries Culturelles et Créatives ».

Plus qu’un concours, cette initiative est présenté comme un tremplin. Dans chaque État membre, les dix meilleures start-up sont identifiées, accompagnées, puis confrontées à l’échelle régionale.

Les innovations les plus prometteuses sont mises en lumière et soutenues financièrement : jusqu'à 14 millions Frans CFA (soit 25.000$) pour les lauréats régionaux, auxquels s’ajoutent des primes pour les structures d’accompagnement.

En quatre ans, l’initiative a révélé des talents dans des secteurs aussi divers que l’économie verte, l’agro-industrie numérique ou les industries culturelles et créatives. La participation féminine progresse, l’engouement grandit, et les start-up deviennent de véritables acteurs de transformation économique.

Mais l’Uemoa ne s’arrête pas là. Entre deux éditions, fait savoir M. Sidibé, un programme de renforcement de capacités  aide les entrepreneurs à maîtriser un enjeu souvent négligé, à savoir la propriété intellectuelle, indispensable pour protéger et valoriser leurs innovations.

Au fond, Templin raconte une histoire simple: celle d’une région qui croit en ses jeunes et fait le pari d’un entrepreneuriat capable de changer les trajectoires économiques. Une dynamique appelée à s’amplifier, car partout, la jeunesse en redemande.

A entendre l’enthousiasme du public, une chose est sûre : l’avenir de l’innovation dans l’Ueamo et la Cedeao commence ici — et il est déjà en mouvement.