ECOFEST : Le Salon de l’innovation et du patrimoine promeut la Culture comme force vive de résilience

4/12/25

Le Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme du Sénégal, Amadou Ba, a procédé dans la soirée de ce jeudi 4 décembre à l’ouverture officielle du Salon de l’innovation et du patrimoine à la Place du Souvenir africain de Dakar. Cette initiative, qui entre dans le cadre de la première édition du Festival des Arts et de la Culture de l’Afrique de l’Ouest (ECOFEST 2025), est conjointement organisée par les Commissions de la Cedeao et de l’Uemoa, et l’État du Sénégal pour la promotion des Arts et de la Culture, vecteurs de paix, d'intégration, de diversité et de cohésion sociale dans la sous-région.

Procédant à l’inauguration de l'exposition des compétitions artistiques de ECOFEST 2025, Amadou Ba a livré un discours aux allures d’appel à l’action.

Face aux turbulences politiques qui secouent la sous-région, il positionne la Culture non comme un simple ornement, mais comme une force vive de résilience, de dialogue et de développement. Un appel puissant à structurer et soutenir un secteur en pleine effervescence, mais encore trop fragile.

Dans son intervention, Amadou Ba a salué l'initiative de la Cedeao et de l'Uemoa, soulignant leur engagement constant pour la promotion des arts. Le thème retenu pour cette première édition, « Mutations et crises politiques en Afrique de l'Ouest, que peut faire la culture ? », est d’une « pertinence et d'actualité brûlantes ».

Pour le ministre, cette question interpelle gouvernants, acteurs culturels et citoyens sur le rôle fondamental que les arts doivent jouer dans la construction des sociétés ouest-africaines. Il a rappelé avec force les propos du Premier ministre Ousmane Sonko à l’ouverture du Festival, insistant sur le fait que la Culture est un pilier essentiel face aux défis contemporains.

Une scène artistique en pleine effervescence

« L'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui un foyer de créativité d'une vitalité exceptionnelle. Nos artistes, par leur talent et leur audace, portent haut les couleurs de notre continent sur la scène internationale, », a déclaré le Ministre.

Cette vitalité a été également illustrée par les œuvres d’art et la diversité culturelle exposées lors de ce Salon de l’innovation et patrimoine.

Émerveillé par les créations numériques après une visite des stands installés à la Place du Souvenir Africain, il a mis en lumière l’essor grandissant du génie africain.

« En contemplant les œuvres qui nous entourent, fruits de du talent de jeunes artistes venus des pays de notre communauté, je suis rempli d’optimisme. Elles nous parlent de notre histoire, de nos identités plurielles, de nos défis communs et surtout de notre capacité à nous réinventer et à construire un avenir de paix et de prospérité partagée », a dit le Ministre.

L’essor de l’art africain reconnu à l’échelle mondiale

Aujourd’hui, les artistes africains en général, par leur talent et leurs audaces, portent haut les couleurs du continent sur la scène internationale, notamment lors des événements comme la Biennale de Dakar qui ont largement contribué à faire de la sous-région ouest-africaine un carrefour incontournable de l’art.

« Le marché de l’art soutenu par une classe moyenne émergente, des collectionneurs avertis et une diaspora dynamique, connaît une croissance sans précédent. Les plus grandes maisons de vente aux enchères et les musées les plus prestigieux du MoMA à la Tate Modern, ouvrent désormais grand leurs portes à la création africaine », a reconnu M. Ba.

Les défis structurels d'un secteur fragile

Cependant, le Ministre a refusé de « se voiler la face ». Derrière cette effervescence, se cachent des défis structurels majeurs. La prédominance d'un marché informel, le manque criant d'infrastructures de diffusion et de conservation, un soutien étatique souvent insuffisant et un cadre juridique encore fragile sont autant de freins au plein épanouissement des talents.

La pierre angulaire de cet écosystème, l'artiste, peine encore trop souvent à vivre de son métier et à voir ses droits protégés. Cette précarité menace la durabilité même de la vitalité créative de la région.

Face à ce constat, Amadou Ba a lancé un appel clair. “Il est impératif de créer un environnement propice à la création, à la professionnalisation et à la reconnaissance des artistes. Cela passe par la mise en place de politiques culturelles ambitieuses”.

Le Ministre a détaillé plusieurs axes prioritaires dont la formalisation du marché de l'art, le renforcement de la formation aux métiers de la culture, la protection de la propriété intellectuelle et le soutien à la mobilité des artistes et de leurs œuvres.

L'émergence de nouvelles galeries, d'espaces indépendants et de plateformes numériques, physiques ou virtuelles, est perçue comme une opportunité pour décloisonner l'art et offrir de nouvelles perspectives de revenus aux créateurs.

En définitive, le Ministre a réaffirmé que l'artiste doit être au cœur de toutes les préoccupations. C'est en leur donnant les moyens de créer, de s'exprimer et de vivre dignement de leur travail que l'Afrique de l'Ouest construira un secteur culturel fort et durable.

Un secteur qui, selon lui, ne sera pas seulement un vecteur de cohésion sociale, mais aussi un véritable levier de développement économique et un instrument de « soft power » sur la scène mondiale.