L’Artisanat Africain – Voix Croisées de deux Maîtres Artisans
3/12/25
Au Village d’ECOFEST, établi au Monument de la Renaissance, le produits artisanaux et autres créations artistiques animent le décor. Le lieu offre une plateforme où la culture africaine est mise en valeur. Ici, c’est la communion entre artisans et musiciens du matin jusque tard le soir ; une harmonie incarné par des horizons divers mais rapprochés par ECOFEST, le Festival des Arts et de la Culture de l’Afrique de l’Ouest qui se tient du 30 novembre au 6 décembre à Dakar.

Au cœur de cette symphonie, les artisans y trouvent une vitrine de rencontres, de découverte de l’autre, etc.
Souleymane Traoré et Malick Diop, artisans malien et sénégalais sont rencontrés au Village du Festival.
Question : Quel est le rôle principal de votre art dans la culture et l’identité africaine ?
Souleymane Traoré – Artisan Malien, spécialiste des perles
« L’artisanat est fondamental, car il nous permet de connaître et comprendre nos cultures. Et lorsque tu connais ta culture, tu lui donnes de la valeur. Dans les perles, par exemple, il y a beaucoup de secrets : ce sont des matériaux naturels, porteurs de protection, de symboles, de bénédictions. Tout dans la nature a une signification. Malheureusement, beaucoup d’Africains ne prennent plus le temps de connaître leurs propres valeurs. Je lance un appel aux jeunes : retournez vers nos cultures, apprenez-les, valorisez-les. »
Malick Diop – Artisan Sénégalais, maroquinier
« Notre travail doit être mieux valorisé, car l’artisanat joue un rôle social important. Un artisan, c’est quelqu’un qui transmet : il peut former des enfants, offrir une seconde chance à ceux qui sortent du système scolaire. L’artisanat est une filière d’insertion qui aide les familles et toute une communauté. »
Question : Face aux enjeux actuels, de quoi les artisans ont-ils le plus besoin pour développer et pérenniser leur activité ?
Malick Diop – Artisan sénégalais
« Nous avons besoin d’un meilleur accompagnement. Nous faisons de notre mieux, mais il nous manque beaucoup de choses : l’accès au numérique, à l’informatique, aux outils modernes. Si l’État nous aide dans ces domaines, l’artisanat pourra vraiment évoluer et continuer à jouer son rôle social et éducatif. »
Souleymane Traoré – Artisan malien
« Nous avons besoin que la valeur de notre travail soit reconnue. Nous utilisons des matériaux naturels pour fabriquer des bijoux, des colliers, des pièces uniques porteuses de sens. Quand les gens comprennent la richesse culturelle derrière chaque création, notre travail est mieux respecté. Et si la jeunesse retourne à nos traditions, cela donnera encore plus de force à l’artisanat africain. »


