Pr Fatou Sow SARR plaide pour une refonte urgente du modèle éducatif ouest-africain
1/12/25
La Commissaire au développement humain et aux affaires sociales de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Pr Fatou Sow SARR, a appelé, lundi à Dakar, à une transformation profonde du modèle éducatif de la sous-région afin de l’aligner sur les besoins réels du marché de l’emploi.

« Nous avons senti dans la salle aujourd’hui l’angoisse des jeunes par rapport à leur avenir lié aux offres de formation qu’on leur fait, qui ne sont pas en adéquation avec le marché de l’emploi », a-t-elle fait remarquer.
Elle s’exprimait lors de la Conférence inaugurale sous le thème « Mutations et Crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la Culture ? », organisée dans le cadre de la première édition du Festival des Arts et de la Culture de l’Afrique de l’Ouest (ECOFEST).
La rencontre s’est tenue en présence du Secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique du Sénégalais, M. Bakary SARR , du Pr Mamadou Diakhité, Commissaire de la Commission de l’UEMOA et du PR Mamadou FALL, Maître de conférence
Ont également pris part à la Conférence la Secrétaire générale du Ministère guinéen de la Culture et de l’Artisanat, Mme Ramatoulaye Camara, la star ghanéenne, Gyakie, et d’autres personnalités venues de la sous-région.
La faible insertion professionnelle des jeunes demeure l’une des préoccupations majeures de la CEDEAO et de l’UEMOA. Face à une jeunesse nombreuse, exposée au chômage, à la précarité et à la perte de repères, les institutions régionales appellent à un profond changement du modèle éducatif et à une action coordonnée pour répondre aux défis économiques et sociaux de la sous-région.
« Il y a une urgence de revoir notre modèle éducatif qui répondait à une logique de la colonisation, qui voulait former des auxiliaires de l'administration », a martelé la Commissaire de la CEDEAO.
Elle estime que ce constat s’est imposé au fil des assises nationales et régionales de la jeunesse organisées depuis deux ans.
Alors que l’Afrique devient un pôle stratégique avec d’importantes ressources minières, notamment du pétrole, du gaz, de la bauxite, de l’uranium, etc., la région ne dispose pas suffisamment de compétences scientifiques nécessaires pour valoriser ces richesses.
« Désormais, il nous faut une Afrique scientifique », a-t-elle lancé, soulignant qu’à défaut, « ce sont les expériences d'ailleurs, les professionnels d'autres pays, d'autres continents qui viendront faire le travail à notre place. »
Ouvert dimanche 30 novembre par le Premier ministre du Sénégal, M. Ousmane SONKO, ECOFEST se poursuit jusqu’au 6 décembre dans différents sites de la capitale.


