Protection sociale des artistes : des experts appellent à une réforme profonde

3/12/25

Le Directeur des Arts du Sénégal, Hugues Diaz, et l’auteur-critique sénégalais Oumar Sall ont livré un diagnostic sans détour sur les failles actuelles du système et formulé des recommandations pour bâtir un cadre durable. Ils participaient ce 3 décembre à un panel consacré à la protection sociale des artistes organisé dans le cadre des Rencontres Professionnelles de la première édition du Festival des Arts et de la Culture d’Afrique de l’Ouest (ECOFEST 2025).

Pour Hugues Diaz, la réflexion sur la protection sociale doit impérativement commencer par ceux qu’il considère comme « l’unité la plus fragilisée » : les producteurs.

« Celui qui prend l’initiative, qui met son argent dans une création, n’est jamais sûr de gagner. S’ils ne sont pas protégés, il n’y aura pas d’investissement, donc pas d’activité », a-t-il souligné.

Selon lui, la qualité des productions, les conditions de travail des artistes et même la disposition du public à payer dépendent directement de la solidité de ces acteurs.

« Si les producteurs sont fragilisés, il sera difficile de construire une protection sociale structurée, » a fait remarquer le Directeur des Arts.

Oumar Sall, pour sa part, insiste sur l’urgence d’une réponse concertée au niveau régional.

« Il faut que nos institutions communautaires dotent les créateurs d’un statut et d’une protection sociale viable, durable », a-t-il plaidé.

Il recommande la création d’un fonds régional dédié, accompagné d’un environnement juridique harmonisé entre les pays membres. Ce dispositif permettrait aux États de mieux intervenir et d’assurer un financement pérenne du secteur.

L’auteur rappelle enfin que la protection sociale repose sur un principe de solidarité qui doit d’abord s’exprimer au sein du secteur privé culturel.

« Si l’on considère que la protection sociale est un mécanisme collectif, alors les entreprises culturelles doivent en être les premières actrices », conclut M. Sall.